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Merveilleuses !

Femmes, patriarcat et culture populaire

Déambulation pour la rue et les espaces non-dédiés

sortie de création
printemps 2027
 

THÉÂTRE DE RUE • FÉMINISME • POP CULTURE • ROMANCE

Des femmes interrompent le cours ordinaire du réel pour prendre la parole dans l’espace public. À partir de références issues de la culture populaire dite “féminine”, elles questionnent la condition féminine contemporaine et transforment la rue en espace de fiction et d’émancipation.

Soudain, elles se sont cognées contre le réel d’une vie trop étroite. Alors, elles interrompent leur mouvement ordinaire et discret pour se mettre en scène, dans la rue, et s’autoriser à prendre l’éclat particulier du spectaculaire.

Habitées par un étonnant corpus, elles puisent leur inspiration dans les produits de la pop culture par lesquels, en tant que femmes, elles ont été invitées à se construire et à s’évader.

Héroïnes d’une fiction sans caméra, elles jouent leur propre rôle.

Philosophes d’extrême proximité, elles se pensent dans le miroir d’une culture dite illégitime et mènent l’enquête intime de ce que les fictions pensées pour le féminin ont à dire de nous.

Sans morale et sans préjugés, elles font avec ce qu’elles ont sous la main pour faire histoire.

Forme, théâtre de rue, déambulation en espace public et lieux non-dédiés
Durée estimée, 1h20
Équipe, 2 comédiennes au départ de Toulouse
Jauge, 150
Public, dès 12 ans
Montage, léger / in situ
Espace, centre-ville, quartier, village, tiers-lieux, espaces de vie sociale et solidaire

contact • merveilleuses.production[a]gmail.com

Texte et mise en scène, Fanny Honoré

Jeu, Amandine Hervé-Pouchet et Fanny Honoré

Composition bande originale, Aurélien Calvo

Production, administration, diffusion, 

La Petite Prod 31

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Partenaires et accueils en résidence
Le Copeau (46)
CNAREP L’Usine (31)
ENS Lyon (69)
L’Agit Théâtre Toulouse (31)
La Petite Pierre (32)
Superstrat (42) • option
Bouillon Cube (34) • option

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INTENTION

« Je me demande parfois ce qui ne va pas chez moi. J’ai peut-être passé trop de temps avec mes héros de roman si romantiques... J’ai placé mes attentes et mes idéaux bien trop haut. »
Cinquante nuances de Grey, E. L. James, 2012.

« Les pratiques connotées comme féminines restent largement indignes, qu’il s’agisse de littérature “à l’eau de rose”, de séries sentimentales pour adolescent·e·s, ou bien de fictions télé destinées aux mères de famille [...] le féminin, lorsqu’il se conjugue à la culture populaire, est vecteur d’un “capital symbolique négatif”. »
Delphine Chedaleux, revue Poli, n° 14, « Regards de classe », oct. 2018.

Héritières du Kitsh

On dit des femmes qu’elles lisent plus de romans que les hommes et qu’elles préfèrent la fiction des romances au sérieux des essais. Elles aimeraient aussi énormément le cinéma et, pour les plus âgées d’entre elles, la télévision. Cela leur permettrait de s’évader. Il est tentant de se demander pourquoi, et surtout de quoi elles cherchent à s’évader, mais la suite n’est pas précisée.

C’est peut-être pour s’évader que, dans les années 2010, Erika Léonard, 40 ans, mariée et mère de deux enfants, se met à écrire sur Internet des fanfictions érotiques inspirées de la saga Twilight. C’est peut-être pour s’évader que les nombreuses lectrices qui la suivent en ligne l’encouragent à se lancer dans la rédaction d’un roman. Ce roman, c’est 50 nuances de Grey.

L’histoire, désormais célèbre, associe la relation amoureuse à un rapport de domination du masculin sur le féminin. Une jeune femme célibataire, naïve et innocente y fait la rencontre d’un mystérieux et potentiellement brutal milliardaire. Fort de son pouvoir d’homme et de son pouvoir économique, il lui fait la proposition de contrôler les différents aspects de sa vie et de sa sexualité. 

Dans cette perspective, le succès fulgurant du livre, écrit par une femme et majoritairement lu par des femmes, a, du point de vue féministe, quelque chose de déconcertant et invite à dépasser les préjugés pour tenter de comprendre en quoi cette œuvre nous concerne. 

On pourrait, par exemple, faire l’hypothèse que cette histoire vient représenter de manière claire et directe les limites de la société patriarcale que les lectrices de 50 nuances de Grey, sans forcément avoir les mots pour la définir, ne connaissent que trop bien. On pourrait alors se dire qu’à travers l’itinéraire de l’héroïne, Anastasia Steele, ces mêmes lectrices peuvent, par l’imaginaire, jouer à questionner, voire à déjouer, les rapports de domination induits par les normes de l’hétérosexualité. Enfin, on pourrait aussi penser que leur exploration du monde et d’elles-mêmes ne se limite pas à ce seul livre, mais qu’elles lisent aussi autre chose…

De la joie de se donner en spectacle pour reprendre possession de sa culture

« Le spectacle est comique, et même grotesque. Nous l’avons fait exprès : d’abord parce qu’il y a deux mille ans que nous pleurons, nous autres femmes. Eh bien ! Cette fois nous allons rire, et même rire de nous ! »
Franca Rame, Récits de femmes et autres histoires, 1986.

Merveilleuses ! s’inscrit dans l’héritage de l’autrice italienne Franca Rame, dont le travail a donné, à la fin des années soixante, une voix irrévérencieuse, profonde et rieuse aux femmes trop longtemps restées dans l’ombre. Comme elle, je veux chercher à « bouffonner » notre condition féminine. Briser l’impasse de ce monde, qui ne change décidément pas assez vite, par l’extravagance et le rire. Ce spectacle est pour toutes celles qui s’identifient au genre féminin, femmes cis ou non. Celles à qui la société, à défaut d’autre chose, offre pour se construire et pour s’évader des produits culturels « genrés sur mesure ». Celles qui se retrouvent en panne, perdues quelque part entre un réel trop gris et un imaginaire trop rose.

Cette sous-culture dont nous sommes les héritières, je souhaite m’en saisir pour la réinventer. Je veux rendre visible ce qu’il y a à lire derrière et entre les lignes. Je veux donner corps à nos imaginaires féminins et à leur insolente puissance de détournement des clichés. Je veux donner voix à des femmes qui prennent la liberté de se raconter à travers les films, séries, livres, horoscopes et chansons du rayon girly. À travers leurs récits se dessine ce qui n’est pas dit. Ces femmes sont sans gêne, bavardes, indomptables, drôles, sensibles, pertinentes et ironiques. Elles parlent comme elles respirent, se mettent en scène et se racontent dans la rue à qui veut bien les écouter. Elles ne rentrent pas dans les cases, surtout pas dans celle de « l’idéal féminin », et prennent plaisir à inventer leur manière de déborder.

Ce qu’elles ont à dire nous concerne toustes, car les produits de la pop culture dont elles s’inspirent disent beaucoup de la société que nous partageons, de ses impensés et de ses normes. Je propose donc de nous réunir collectivement autour de cette part sous-estimée de notre culture pour réfléchir ensemble à la manière dont nous désirons réinventer la réalité que nous partageons.

Fanny Honoré. 


 

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